Maison

Un appartement sans cuisine: flex ou pas flex ?

Il est temps de tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle il faut investir dans sa cuisine pour réaliser ensuite des économies à long terme sur son budget alimentation. Déjà parce que penser à long terme c’est s’empêcher d’être flexible, mais aussi parce qu’avoir une cuisine à soi n’est pas si rentable qu’on le croit.

Il est temps de tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle il faut investir dans sa cuisine pour réaliser ensuite des économies à long terme sur son budget alimentation. Déjà parce que penser à long terme c’est s’empêcher d’être flexible, mais aussi parce qu’avoir une cuisine à soi n’est pas si rentable qu’on le croit.

L’un de mes amis, pourtant fin gourmet et cuisinier hors du commun, remet régulièrement en cause la nécessité d’avoir une cuisine dans chaque appartement. D’après ses savants calculs, en prenant en compte le loyer alloué à la surface d’une cuisine (surtout dans les grandes villes), l’énergie consommée, la vaisselle, les matières premières pour cuisiner, avoir une cuisine reviendrait au même prix que manger tous les jours dehors (dans une brasserie, à la cafétéria du boulot, au comptoir d’une boulangerie).
Alors vivre sans cuisine, révolution flexible ou idée à la noix ?

La cuisine équipée, une allégorie du monde moderne

Avoir une cuisine et manger à la maison ne va pas de soi. En fait, dans de nombreux pays, notamment en Asile, il est très courant de voir des appartements sans cuisine. Les gens de toutes les classes sociales mangent dehors la plupart du temps, dans des restaurants, au travail, dans la rue, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

Les cuisines ultra-équipées des pays occidentaux, symboles de modernité et de prospérité, sont en réalité un symptôme de sociétés figées dans lesquelles la possession effrénée de biens matériels entrave la flexibilité.

Prenant parfois des proportions énormes autant sur le budget que sur la surface d’un appartement, nos cuisines nous clouent chez nous. Combien sommes-nous à avoir investis des fortunes dans des plaques à induction, un four dernier cri, un appareil à raclette, une crêpière inoxydable, une machine à pain, un mixer dernière génération ou encore un frigo américain avec distributeur de glaçons et à ne pas se permettre d’aller au restaurant de peur d’être dans le rouge à la fin du mois?

Tout n’a pas besoin d’être préparé

Pour manger des choses simples chez soi ou au boulot , pas besoin d’un plan de travail ou d’une panoplie d’appareils et outils. Achetez sur le pouce quelques fruits sur le marché, préparez un sandwich maison sur votre bureau, voir squattez le micro-ondes lu boulot pour réchauffez un plat préparé du supermarché (tout n’est pas mauvais, il faut faire le tri).

Manger au restaurant, c’est réduire certains coûts

Mais comment est-il possible qu’il soit aussi rentable de manger dans une brasserie, qui en plus de payer les matières premières doit s’acquitter de taxes, de charges, de salaires et frais divers qui ne sauraient être incombés au cuisinier du dimanche que vous êtes ? C’est parce que les établissements de restauration réalisent des économies d’échelle. A loyer équivalent ou presque, comptez combien de personnes sont nourries chaque jour en moyenne par mètre carré chez vous ou dans un restaurant.

Le bistrot, pionnier de l’économie collaborative

Manger au restaurant ou dans une cafétéria, c’est en fait rationaliser les couts de votre repas. Ces couts sont liés à la surface utilisée pour cuisiner et manger, aux matières premières (moins chères quand achetées en gros), au transport et à l’emballage de ces matières premières, à l’énergie (de cuisson, de chauffage, de réfrigération), au nettoyage, ou encore aux appareils et ustensiles utilisé pour la cuisine. Inutile en effet d’acheter un four à bois pour cuisiner des pizzas maison une fois par an.

Au même titre que le co-voiturage, le co-working ou l’échange de maison pour les vacances, permettre à plusieurs personnes dans la même journée de manger sur la même table des produits acheminés en gros et cuisinés dans la même poêle, c’est de l’économie collaborative.

Vers un monde sans cuisine ?

L’objet de mon billet était de pousser le raisonnement à fond pour montrer qu’il était tout à fait possible de se passer d’une cuisine à la maison. Bien sûr, se préparer un bon petit plat au chaud devant la télé quand il neige dehors est un petit plaisir auquel peu d’entre nous voulons renoncer. Bien sûr, si vous vivez à plusieurs dans un même appartement vous rationalisez déjà vos espaces de cuisine. Mais si vous voulez rester flexibles, faites léger ! Une plaque mobile, posée sur une table, un micro-onde, une bouilloire, assez de vaisselle pour un repas. Plus vous en avez, moins vous la laverez souvent. Dites non au frigo de deux mètres qui peut contenir un mois de courses.

Osez le co-cooking !

Et comme cuisiner est aussi un véritable plaisir, squattez la cuisine de vos amis sédentaires. Préparez leurs de bons petits plats et partagez leur repas. Utilisez le four de maman pour cuire vos gâteaux pour la semaine.

Même si Ikea a déjà tenté l’an dernier l’expérience de la cuisine en libre service sur les toits de Paris, il n’existe pas à ma connaissance d’espace de cuisine à louer à l’heure, au jour ou au mois. Mais l’économie collaborative n’a pas besoin des entreprises pour exister. Invitez vos amis à mettre en communs leurs espaces et ustensiles. Rationalisez vos cuisines, partagez vos bons plats et vos recettes magiques. Osez le co-cooking !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s