Travail

Les SELs ou comment repenser l’économie de manière plus flexible

Un SEL (pour Système d’Échange Local), c’est une organisation à petite échelle (d’une commune ou d’un quartier) qui met en relation des habitants désireux de s’échanger des services. Il ne s’agit pas d’un système bilatéral dans lequel Vincent rend service à Charlotte qui à son tour rend service à Vincent. Le SEL est plutôt une sorte de micro-société dans laquelle chaque membre peut s’offrir les services de n’importe quel autre membre. Et les compétences proposées sont très variées : traductions, aide aux devoirs, blanchisserie, chef à domicile, ménage… En fait, tous les services qui pourraient se monnayer dans une économie classique. Comment ces associations peuvent nous aider à gagner en flexibilité ? Quelles en sont les limites ?

Une femme de ménage gratos

L’un des principes fondateurs des SELs, c’est qu’aucun échange d’argent n’est en jeu. L’unité d’échange est le temps. Pour une heure de service rendu, vous pouvez faire appel à un voisin pendant une heure. Et une conséquence heureuse de ce fonctionnement sans intermédiaire monétaire, c’est que votre travail ou les services que vous vous offrez ne sont pas imposés. Pas de TVA, pas de charges sociales, pas d’impôt sur le revenu. Seul l’argent est taxé. Jamais le temps. Chaque minute que vous accorderez à l’autre sera donc rétribuée à sa juste valeur.

Un nouveau modèle économique ?

Même si l’idée fait rêver certains, d’un retour au troc, à la simplicité des échanges et de la sortie du capitalisme par une initiative fraternelle, les SELs n’ont pas pour objet de remplacer le système économique en place. Ils sont là pour le compléter. Tout d’abord parce que l’impôt, aussi impopulaire qu’il soit, est essentiel au fonctionnement d’une société, au maintien des services publics et des infrastructures. Mais aussi parce que l’une des grandes limites des SELs, c’est qu’il est impossible d’y échanger des biens. Combien d’heures coûteraient un kilo de carottes, un iPhone ou un appartement ? Répondre à cette question, ce serait déjà donner une valeur arbitraire aux choses et les hiérarchiser les unes par rapport aux autres, ce qui est le principe même de l’économie capitaliste…

Bien plus que des services

Mais au delà de vouloir réformer l’économie, l’esprit des SELs, c’est avant tout de créer un réseau local, de rencontrer ses voisins, de se rendre utile, de valoriser ses compétences. Étudiants, retraités, chômeurs, actifs, parent au foyer, tout le monde peut participer. Inutile d’avoir une structure juridique pour prendre part à une activité dans un SEL. C’est une manière très flexible mais surtout très humaine de produire et consommer des services.

Le local est il compatible avec la flexibilité ?

La limite du SEL comme solution flexible, c’est justement son aspect local. A l’heure de la mobilité et du télétravail, pourquoi ne pas envisager de créer des services du même type à une échelle nationale, voire mondiale. Pourquoi se priver des services d’un graphiste habitant à l’autre bout de la planète contre un cours de français donné sur Skype ? Pourquoi ne pas faire le ménage dans une maison à Lille le lundi pour ensuite prendre un cours de planche à voile en Bretagne le week-end ? Peut-être que cela lui ferait perdre son rôle de cohésion sociale, de créateur de communauté. Mais à l’heure du tout Internet, ne faudrait-il pas repenser la notion même de communauté ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s